Centre Régional de Recherche et de Formation à la Prise en Charge Clinique de Fann

Atelier de formation

Ouverture sites Projet IODA- Axe Sud (Ziguinchor – Sedhiou – Tamba – Kolda – Kédouguou)

Dans le cadre du lancement du projet IODA (Impact virologique et Obstacles au succès thérapeutique de l’introduction du Dolutégravir chez les Adolescents en zone décentralisée au Sénégal) coordonné par le Pr Ramatoulaye Diagne et le Dr Guillaume Breton, financé par ANRS-MIE, une mission d’ouverture des sites de l’axe Sud s’est déroulée du 17 au 24 mai 2026.

La mission réunissait le Dr Guillaume Breton, investigateur principal Nord, le Dr Ousseynou Ndiaye, biologiste, le Dr Seynabou Diop, cheffe de projet, le Dr Gabrièle Laborde-Balen, anthropologue, Mame Samba Ndiaye, informaticien, ainsi que Momath Wade, du service administratif et financier.

Deux sites ont été sélectionnés dans chaque région en fonction de la pyramide sanitaire et de la file active des adolescents de 10 à 19 ans vivant avec le VIH sous traitement incluant le Dolutégravir. La mission a visité successivement le Centre hospitalier régional de Ziguinchor et le Centre de santé de Bignona ; les centres de santé de Goudomp et de Bounkiling dans la région de Sédhiou ; le CHR de Kolda et le centre de santé de Vélingara ; le centre de santé de Koumpentoum et le CHR de Tambacounda ; enfin les centres de santé de Salémata et de Kédougou.

La mission a bénéficié d’un accueil particulièrement favorable, facilité par l’implication des Directions régionales de la santé, les échanges préalables avec les médecins-chefs de district, les réunions préparatoires organisées en ligne ainsi que les collaborations antérieures ou en cours entre les équipes locales et le CRCF. Dans chaque site, les équipes médicales, sociales et de laboratoire ont participé à une présentation générale du projet assurée par le Dr Guillaume Breton. Celui-ci a rappelé que l’objectif principal de l’étude est d’analyser, selon une approche pluridisciplinaire, le succès virologique chez les adolescents vivant avec le VIH ayant initié un traitement à base de DTG depuis plus de six mois à l’inclusion, puis suivis à 12 et 24 mois dans des contextes de prise en charge décentralisés. L’étude vise notamment à détecter précocement les échecs thérapeutiques et les résistances virales dans une population particulièrement vulnérable, fréquemment confrontée à des difficultés d’observance, afin d’adapter la prise en charge à chaque adolescent et de contribuer à l’évolution des recommandations nationales.

Le Dr Seynabou Diop a ensuite présenté les aspects méthodologiques de l’étude. Les échanges ont principalement porté sur l’organisation du regroupement des adolescents sur de courtes périodes, la possibilité de réaliser les charges virales sur place ou d’acheminer les prélèvements vers des laboratoires de référence, les modalités de confection et d’envoi des DBS, le remplissage des dossiers d’étude, ainsi que la conduite à tenir en cas de charge virale élevée et les décisions thérapeutiques après génotypage.

Dans la majorité des sites, les charges virales peuvent être réalisées localement, les équipes maîtrisent déjà la confection des DBS et les circuits de transport vers Dakar sont opérationnels. Quelques difficultés liées à l’indisponibilité ponctuelle de réactifs ont toutefois été signalées ; plusieurs solutions alternatives ont été envisagées, notamment l’envoi des prélèvements vers des laboratoires de référence ou un appui en réactifs. Les équipes ont également insisté sur les contraintes liées à l’éloignement géographique des familles et au changement fréquent des répondants des adolescents. Des adaptations ont ainsi été discutées, notamment la possibilité de réaliser certaines activités dans des postes de santé de proximité et la prise en charge intégrale des frais de déplacement.

Les équipes soignantes ont ensuite participé à des exercices pratiques de remplissage des CRF, tandis que le Dr Ousseynou Ndiaye s’est entretenu avec les responsables des laboratoires sur les aspects techniques liés aux prélèvements, au conditionnement des échantillons et aux analyses biologiques.

Dans l’ensemble, les équipes ont manifesté un vif intérêt pour cette étude, perçue comme une réponse concrète à une préoccupation majeure des acteurs de terrain : améliorer la détection des échecs virologiques et des résistances afin d’optimiser durablement la prise en charge des adolescents vivant avec le VIH en zone décentralisée.

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